Le train de nuit que nous avons pris pour nous rendre de Buenos Aires à Rosario était bondé, un vrai tape- cul, impossible de dormir. Pensive, je regarde défiler les petits villages et les bidonvilles qui séparent les deux villes. Alors que nous commençons à peine à nous assoupir, un bruit sourd nous réveille. Je me lève d’un bond et je remarque que les autres passagers s’agitent et recouvrent leurs fenêtres d’un rideau métallique. Ils n’auraient quand même pas tous décidé de dormir en même temps ! Éric interroge son voisin du regard.
« Tiran piedras. »
Soulagé – il pensait que c’était un coup de feu – il se cale dans son siège en refermant les yeux. Il peut bien dormir, lui, pendant qu’on nous lance des pierres. Si l’un de ces projectiles devait atteindre notre fenêtre, je serai la première et peut-être bien la seule à y passer ! Il se relève finalement (le sommeil, si bref soit il, porte conseil) et tire notre rideau lui aussi.
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